Née en 1950 à Saint-Etienne, Laurence Sudre a commencé la photographie très jeune - Une attirance naturelle muée en passion au fil de ses rencontres qu'on pourait qualifier de " hasard objectif ", selon les mots cultes de Cartier Bresson : . . En 1969, elle fait le stage de Jean-Pierre et Claudine Sudre - virtuose du tirage -, dont elle suit l'enseignement, et se spécialise dans le portrait ; une formation qui pose les premières jalons de cette rigueur élégante teintée d'émotion contenue qui marqueront son travail.

    En 1977, Agathe Gaillard l'invite à exposer ses épreuves aux côtés de Robert Doisneau, et en 1980 la revue mythique ZOOM lui ouvre ses pages. Après quelques reportages en Amérique du Sud en compagnie de Raymond Depardon, elle revient  tout naturellement à ses premières amours, et aux précieux tirages 50x60 en noir et blanc sur fond épuré : dans son  appartement de la rue du val de grâce , près de l'école qu'elle a créée avec Dominique Sudre , elle partage son temps entre l'enseignement et les portraits du tout-Paris - cinéastes, musiciens et artistes, qui ont marqué les années 80,

    En 1982, sa rencontre avec Maurice Tinchant est un tournant : elle  devient la portraitiste des célébrités au Festival de Cannes : Juliette Binoche, Dennis Hopper,  Youssef Chahine, Wim Wenders, Tony Curtis,  puis le festival de Deauville en 1984, où elle portraitise les réalisateurs américains, tout en continuant ses prises de vues dans le domaine artistique.

    En 1985, on la retrouve dans les pages d'Actuel. Le Monde, Paris Match, Libération, Photo, Télérama, Globe, Les inrockuptibles lui ouvrent leurs tribunes... Entre publications et expositions - le  musée de l'Elysée de Lausanne expose en 1987 quarante de ses portraits 50x60 -, son parcours creuse une voie indéfectible depuis  décembre 1994, elle figure dans le Larousse mondial de la photographie des origines à nos jours.

    En 2012, le musée de l'Hospice Saint-Roch d'Issoudun monte une grande exposition :  La photographie une histoire de famille, qui retrace la longue histoire de la famille Sudre, illustrant à elle seule tout un pan de l'histoire de la photographie du XXe siècle.

 

Tendre écho de cette fidélité indestructible à l'image à laquelle Laurence S. ne s'est jamais soustraite... Aujourd'hui,   elle continue sa route discrète et sans détours sur le chemin des visages...     

                                                          Christine Talabard

 

 

autoportrait 1981